Hier a enfin pu avoir lieu le vol vers Blois et Mortagne, après avoir été annulé deux fois pour cause météo. Tout juste après avoir fini le contrôle commun de français que le lycée a une la bonne
idée (ironie inside) de nous mettre le samedi de 8h30 a 12h30, je fonce dans la voiture de mon père, qui met le cap vers la maison. On mange en vitesse, je prends les notams et la météo, et
direction Saint-Cyr !
J'arrive au club a 13h30 car il faut que l'on parte tôt : en ces rudes temps d'hiver (si si, il fait froid !), la nuit tombe avant 17h. Le DR400 orange revient tout juste de la pompe où l'élève
d'avant est allé faire le plein. Je vérifie une dernière fois la météo pendant qu'Arnaud mange, vérifiant que cette fois c'est bien volable. Ca a l'air d'aller ! Je peux plier ma carte comme
il faut et aller m'installer dans l'avion. Il me rejoins, et nous pouvons rouler. Le terrain est détrempé, et nous avalons donc une bonne longueur de piste avant de pouvoir monter.
On fait une sortie Ouest, puis on met le cap sur le premier point tournant : il s'agit de la ville d'Ablis. Carte au 1/500 000 sur les genoux, je suis l'avion sur la carte pour vérifier
régulièrement notre position. A peu près à l'heure prévue, nous apercevons Ablis sur notre avant droit. On corrige le cap, et on poursuit. Le prochain point est un groupe d'éolienne. Pas un choix
de repère très judicieux selon Arnaud, qui me fait remarquer que les éoliennes sont très mal indiquées sur les cartes. De groupe d'éoliennes en groupe d'éoliennes, nous devons passer entre la CTR
d'Orléans Bricy (militaire) et celle de Châteaudun. L'instructeur, prévoyant, allume son GPS portable pour vérifier notre position. Les deux CTR sont inactives, donc une pénétration involontaire
serait sans conséquence, mais j'essaye tout de même de rester dans ce couloir entre les deux. Raté ! Arnaud me montre le GPS : j'ai un peu mordu dans la zone de Châteaudun. Zut ! A quelques minutes
de Blois, il me prévient que la plupart des élèves se perdent en arrivant à Blois ; en effet, l'aérodrome n'est pas à côté de la ville, mais au milieu de nulle part, bien au Nord de celle-ci.
Penché en avant, je scrute le sol, cherchant une piste en dur. Apercevant une forme suspecte à ma gauche, je me plonge dans ma carte pour estimer notre position exacte, en fonction des routes
visibles. "Et à ta gauche, c'est quoi, là-bas ?" demande l'instructeur-qui-voit-tout. Je lève la tête : "Blois !"
Nous survolons le terrain pour jeter un coup d'oeil à la manche à air : ce sera la piste 31. Jusqu'alors, le calme plat régnait sur la fréquence, et soudain un avion s'annonce au point d'arrêt. Le
temps de faire un 360 pour pouvoir l'apercevoir, celui-ci s'annonce à l'alignement et au décollage. Enfin, nous l'avons en visuel : il s'aligne en 13 ! Probablement parce que le chemin au sol est
plus court dans ce sens, il ne tient pas compte du sens du vent (pourtant bien face à la 31). Intéressantes, les procédures ici.... Après avoir fait un dernier 360 on peut se mettre en vent
arrière. Finale, toucher, et mon mauvais réflexe me reprend : je rentre les volets avant de couper la réchauffe carburateur. Ici, cela n'a pas trop d'incidence car la piste est assez longue, mais
il faudra faire attention à Mortagne où la piste est plus courte.
On remonte à la verticale du terrain, puis on met le cap vers le prochain repère, après avoir changé de log de nav. Le premier point tournant de cette branche est la pointe Nord de la ville de
Vendôme (en fait Saint-Ouen). En route, Arnaud me donne un précieux conseil : "quand tu n'as rien de précis à faire entre deux repère, profites-en pour vérifier les paramètres moteurs". Je quitte
alors la carte des yeux et un aperçois le voyant rouge "Charge" allumé. "Panne alternateur !" Je regarde la série de breakers qui sont tout en bas du tableau de bord, et tout à droite - cachés en
temps normal par les genoux de l'instructeur - ; celui de l'alternateur est tiré. Tiens tiens, c'était un piège vicieux de l'instructeur qui m'a apparement bien eu, car le voyant est d'après lui
allumé depuis 10 minutes. Arg ! Il s'ensuit une série de questions du genre : "Un forte odeur de plastique brûlé apparait, tu fais quoi ?" Je tente de répondre avec mes maigres connaissances,
d'ailleurs insuffisantes sur le sujet ; il faudra que j'apprenne toutes ces procédures par coeur.
A trois minutes de notre prochain point tournant, Arnaud reprend les commandes pour nous faire faire un passage autour du village où il s'est marié, village ayant apparement comme habitants toute
sa belle-famille. On reprend notre route, puis Mortagne arrive doucement devant nous. On passe à gauche de la ville, et s'ensuit l'habituel jeu de cache-cache avec le terrain. Où est-il, nom d'un
chien ? Ah, voilà la piste ! D'après le vent on tourne en 07, plein de monde sur la fréquence, mais personne pour Mortagne (fréquence 123.5). On s'intègre en début de vent arrière, et c'est parti
pour un premier tour de piste. Celle-ci est courte (LDA 700m) alors pour faire des touchers, il ne faut pas se poser trop long. Après deux tours, Arnaud souhaite qu'on fasse un complet, histoire de
se dégourdir les jambes après cette heure cinquante-cinq de vol. Cela me va, d'autant plus qu'une envie d'aller aux toilettes a fait son apparition pendant nos tours de pistes. Dernière finale, on
touche le sol, freins ! On dégage par le seul taxiway du terrain, on trouve un endroit où laisser l'avion, on arrête le moteur, et on va toquer à la porte du club local (bon, c'est une expression,
car la porte était ouverte). Il y a de la lumière, il y a des toilettes et il y fait chaud (car dehors il ne fait que 3°) alors on entre.
Nous discutons un moment avec les pilotes locaux (très sympas d'ailleurs), et cet arrêt est l'occasion de prendre une photo du Zoulou Uniforme pour une fois sur un autre terrain que Saint-Cyr
(c'est mon premier arrêt sur un autre aérodrome). Je sors mon compact numérique, clic clic ! Puis vient le temps de partir. Un Beechcraft Bonanza vient de s'intégrer dans le circuit du terrain.
Toucher Beechcraft à Mortagne
Nous faisons les calculs de la nuit aéronautique, et zut ! On avait mal estimé l'heure du coucher de soleil ! Ca va être très juste pour un retour sur Saint-Cyr ! On se dépêche de remettre en route
et on se place au point d'arrêt. Rapides essais moteur, et, devant remonter la piste pour pouvoir décoller, essayons de viser entre deux touchers du Beechcraft. Malheureusement, un autre avion fait
son apparition en finale. Après une courte négociation à la radio, il accepte de remettre les gaz. On fonce sur la piste, Arnaud a les commandes. Nous la remontons, faisons demi-tour au bout. A moi
les commandes, et plein gaz !
On met le cap vers notre repère directement après décollage, et on passe en régime de croisière rapide, moteur presque à fond. Nous passons la Ferté-Vidame à 120kt au lieu des 100kt habituels, et à
500ft sol pour éviter un trop fort vent de face. La nuit tombe doucement, et de plus en plus de lumières s'allument dans les villages. Puis vient la base militaire désaffectée de Senonches (celle
qui apparait dans Les Chevaliers du Ciel, au moment où ils sortent le Mirage 2000 volé de la soute d'un Transall). On passe Dreux, et on retourne vers Saint-Cyr en suivant l'autoroute, très bon
repère grâce aux phares des voitures. Arnaud, en pleins calculs, commence à afficher le VOR de Toussus, songeant de plus en plus à un déroutement (il est qualifié vol de nuit, mais le terrain de
Saint-Cyr, non balisé, ne peut être utilisé de nuit aéronautique). Nuit aéronautique à 17h25, il est 17h15, nous contactons la Tour, s'annonçant à 5 minutes de l'entrée Ouest. Le contrôle nous
répond : "Pour information, la nuit aéronautique est dans dix minutes". 'Bien reçu, ça va être juste mais à priori ça ira". Nous passons l'entrée Ouest, et Arnaud reprend les commandes pour faire
une approche rapide, en s'intégrant directement en longue base 11 droite. Il fait noir dehors mais Arnaud connait le terrain. Pleins phares, on voit les V assez tard, mais on les voit. Arrondis, on
touche, on freine, et on regarde la montre. 17h24. Ouuuuuuf ! C'est bête, mais deux minutes plus tard, on aurait du se dérouter sur Toussus. Au club, les autres instructeurs avait déjà commencé à
décrocher le téléphone pour appeler Toussus lorsque nous arrivons.
Après avoir passé toute la branche Mortagne => Saint-Cyr a optimiser le timing, on est bien content d'avoir réussi ! Arnaud paye un verre à tous les témoins de notre réussite, et ainsi s'achève
cette navigation pour le moins intéressante !