Aujourd'hui était prévu ma première navigation. Normalement assez courte et assez simple, puisqu'il s'agit du trajet Saint-Cyr => Dreux => Chartres, puis retour Saint-Cyr en passant par le
VOR d'Epernon. J'ai peu préparé la nav de mon côté, et remarqué que cela nous faisait passer juste à côté de Bailleau. Tiens tiens.... Je parie qu'Arnaud voudra dire bonjour aux vélivoles par
radio.
Un peu avant d'arriver au club, Arnaud m'appelle et me demande si c'est toujours OK, et m'informe que l'on aura a bord un passager. Ayant appris par un copain ayant passé le BIA l'année dernière
que désormais ils effectuaient une nav vers Dreux en plus de la simple heure de vol de découverte, cela ne m'étonnerai pas que ce soit un futur titulaire du BIA.
Effectivement, en arrivant au club, j'ai la surprise de retrouver la famille qui m'avait demander comment piloter pendant les journées portes ouvertes ! Ma modeste publicité du club a fait effet.
Mais bon, il faut dire que la dame connaissait déjà Arnaud, alors ça ne compte pas.
Bon, briefing sur la nav, rappel des calculs essentiels, et on jette un coup d'oeil aux cartes. La mienne est de 2008 donc il faudra faire avec la "Région parisienne VFR" d'Arnaud. J'avais pris la
précaution de me munir des VAC de Dreux et Chartres. Nous sommes donc prêt, plus que la prévol et c'est parti !
Ma mission si je l'accepte est de montrer au futur titulaire du BIA en quoi consiste une prévol. Je lui explique donc tout bien (j'espère), on fait le tour de l'avion, on vérifie l'huile, le
pétrole, on a les pleins c'est parfait. Je l'installe derrière la place droite, lui branche son casque, lui explique comment s'attacher et se détacher, et lui montre l'aérateur à sa disposition.
Arnaud nous rejoins et s'installe à son tour. Check-list avant mise en route, check-list mise en route, après mise en route, et nous roulons sur le taxiway D vers le point d'arrêt de la 11R. Essais
moteur, on s'aligne. Décollage, c'est parti ! Puissance disponible, badin actif, pas d'alarmes, rotation. Oulalalala, il est bien lourd le zozio. Il faut dire qu'à trois dedans, le moteur de 120cv
a un peu de mal. On prend (très) lentement de la vitesse, mais on ne monte pas. On descend même un peu j'ai l'impression. Je zieute mon vario : -20 ft/min, "Et merde !", ce n'est pas qu'une
impression ! Je cabre un peu plus, il est temps que notre vitesse nous serve à quelque chose. Allez, monte ! Roulroulroul, le train principal retouche le sol, mais nous donne une légère impulsion
qui nous permet de monter. Palier, on vise la cime des arbres (qui se rapproche un peu vite), mais la vitesse est là, donc tout roule, on peu enfin prendre vraiment de l'altitude.
Et ben, décollage assez spécial ! Pour ne pas dire foireux sur les bords.
On fait le circuit habituel du tour de piste, à ceci près qu'on monte à 1500ft au lieu des 1100ft habituels. On fait une sortie Ouest, et on quitte la fréquence radio de Saint-Cyr (118.00), pour
laisser notre terrain chéri derrière nous, et afficher la fréquence de Dreux (118.20). Il est temps de se frotter à d'autres pistes ! Cette portion de navigation doit être réalisée à l'estime, à
savoir au cap et à la montre. L'idée est qu'on garde un cap précis et on calcule dans combien de temps on arrive au prochain point de report. On regarde notre montre, et quant elle indique le temps
que l'on a préalablement calculé, magie, on est arrivé ! A quoi sert la montre, me direz-vous ? Simplement à vérifier notre position et à estimer le retard / l'avance éventuel. On monte à notre
altitude de croisière, 2000ft.
Le carnet à check-list et à VAC sur la cuisse gauche et la carte "Région parisienne" à moitié dépliée posée en vrac sur les genoux, on vérifie régulièrement le temps, le cap, et le réglage du
conservateur de cap. Dur dur de s'occuper de tout ça en même temps sans laisser l'avion partir en cacahuète (trop cabré, trop piqué, trop à droite...) ! Enfin, après une dizaine de minutes de vol,
on a la ville de Dreux en visuel. Coup d'oeil à la carte, le terrain est normalement un peu derrière la ville, et sur la gauche. On vise donc à peu près par là. Visuel sur le terrain, on s'annonce
à x minutes des installations, on se reporte verticale 2000ft (l'altitude du circuit tour de piste est de 1500ft). On passe donc au dessus du terrain, et un entame un 360° de regarder l'aire à
signaux et le sens du vent. Bon, déjà c'est marqué "DREUX", on ne s'est donc pas planté de terrain. C'est déjà ça ! On s'intègre en vent arrière, base, et très (très) courte finale, à cause de la
ville et des bâtiments qu'il faut éviter de survoler. On est un peu haut, un peu vite. En plus, la piste est courte, il s'agit pas de se foirer. Pour mon premier atterrissage hors base, ce serait
dommage ! Hop, on passe le seuil de piste, ROULROULROUL, on remet plein gaz, les volets 1er cran, la réchauffe carbu poussée, et on s'arrache. Il aurait fallu en fait pousser la réchauffe en
premier, je le saurais pour la prochaine fois.
Nous quittons donc le circuit de Dreux pour aller visiter notre deuxième terrain de la journée, qui possède une piste en dur. On fait toute cette partie de la navigation en cheminement,
c'est-à-dire que l'on suit un axe routier (marche aussi avec la nature : rivière, etc). Nous laissons donc la N154 sous notre aile gauche, afin que je puisse la garder en visuel. Arrivé en vue de
Chartres et de sa cathédrale, on aperçoit aussi le terrain, où j'étais pendant l'été allé voir des treuillages de planeurs. Rebelotte, on fait une verticale terrain 2000ft, puis on s'intègre en
vent arrière. Pour tourner en base, on jette un oeil à la VAC, afin de ne pas squatter le circuit planeur. La VAC nous dit donc qu'il faut tourner en base après une antenne de télécom bizarre. On
scrute le sol à la recherche de cette pointe, que l'on repère rapidement (Arnaud connait déjà le terrain, c'est de la triche !). Hop, on se met en base face à la cathédrale, puis on tourne en
finale. Là, Arnaud me prévient : les pistes en dur sont généralement très étroites et celle-ci ne manque pas à la règle, il faudra donc être précis sur la tenue d'axe. A peu près aligné, j'essaye
de perfectionner ça, selon les conseils de l'instructeur qui a toujours raison : "trop à gauche", "trop à droite"... Cependant, la piste est longue, donc je n'ai pas trop de problème avec le plan.
On passe le peigne, on touche, et plein gaz ! On reprend de l'altitude, et on continue notre nav. Désormais, il s'agit de rentrer en passant par le VOR d'Epernon (115.65). On affiche donc la bonne
fréquence, puis nous suivons tranquillement le QDM. Je guette un peu le paysage à notre droite, afin de repérer un terrain familier. Mais oui, tiens, voilà Bailleau ! Arnaud affiche la fréquence
radio de Bailleau et passe le bonjour aux amis vélivoles.
Toujours sur la route du retour, l'aiguille de notre VOR se met à trembler comme une feuille, puis passe complètement d'un côté, puis complètement de l'autre. Après quelques aller-retours, la
petite étiquette "From" prend la place de la petite étiquette "To". Nous arrivons tranquillement à l'entrée Ouest, suivant la forêt et évitant de survoler la prison. Verticale terrain, vent
arrière, ont tourne en onze et en auto-info. Finale se finissant au dessus de l'A12, atterrissage correct histoire de ne pas avoir la honte sur mon propre terrain, et retour parking.
J'ai pu découvrir les joies de la navigations, et je me serait enfin posé ailleurs qu'à Saint-Cyr, et notamment sur une piste en dur. De plus, notre passager à l'air d'avoir apprécier la balade, se
décide pour le BIA, et est bien tenté de voler.
Objectif réussi.
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NAV 19.09.09 sur une carte plus grande